Au début des années d’indépendance africaines, un certain Paulin Hountondji philosophe de bonne réputation, fait entendre au monde littéraire d’alors que le Cameroun est « Le quartier latin » de l’Afrique littéraire francophone. C’est qu’en 1960 déjà, le Cameroun fonde la toute première association d’écrivains en Afrique au Sud du Sahara, l’APEC. C’est qu’en 1963, l’une des plus importantes maisons d’édition de l’Afrique francophone se trouve à Yaoundé, mais aussi parce que le Cameroun bouillonne d’intellectuels et d’artistes qui vont lancer divers projets littéraires et culturels. Au cœur de ces initiatives on trouve des revues culturelles et littéraires. Brèves sur trois revues qui ont marqué le paysage littéraire de l’Afrique des années 60 à 80 !

Le Cameroun Littéraire

« La mensuel de l’APEC était à la fois une école de création et de critique », Ambroise Kom, 1990.

Notes : Au commencement de l’institution littéraire camerounaise, il y a l’APEC, l’Association des poètes et écrivains camerounais, fondée quelques jours après l’Indépendance du Cameroun. L’objectif de cette association est de rassembler les écrivains camerounais et de participer à l’éclosion de cette littérature camerounaise naissance. Le bureau de l’AEPEC des années 60 se rend rapidement compte qu’il lui faut un moyen d’expression, un tamtam qui invite le monde entier à tourner le regard sur le « quartier latin » qu’est le Cameroun de ces années, avec son foisonnement d’initiatives littéraires et d’intellectuels. C’est dans ce contexte que naît Le Cameroun Littéraire.

Année de naissance : 1970

Pays : Cameroun

Périodicité : Mensuel

Directeur : Patrice Kayo

Année de parution du dernier numéro : (Un numéro trimestriel, 1983).

 

ABBIA

Notes : Les abbia sont des sortes de billes avec lesquelles on joue à un jeu de hasard du même nom en pays beti. C’est le Professeur Bernard Fonlon, intellectuel et homme politique camerounais qui fonde la Revue culturelle ABBIA. Première revue culturelle bilingue, ABBIA a été un organe particulièrement important pour les vagues d’intellectuels camerounais et même africains des années 70 à 80. L’objectif de la revue ABBIA est de promouvoir la recherche, l’activité culturelle, éducative et intellectuelle par les africains. ABBIA publie également des textes de fiction. Revue largement lue, ABBIA tirait jusqu’à 20 000 exemplaires. ABBIA fut une grande tribune ouverte aux hommes de lettres et de culture. La Revue Culturelle ABBIA a produit, pendant ses deux décennies d’existence, un ensemble de 40 numéros. La revue ABBIA va finalement s’éteindre quatre ans avant son fondateur, après une longue résistance.

Année de naissance : 1963

Pays : Cameroun

Périodicité : Trimestriel

Directeur : Bernard Fonlon

Année de parution du dernier numéro : 1982

 

OZILA

Notes : L’Ozila est une danse initiatique du pays bulu, au Cameroun. Lorsque Jean Pierre Togolo et Basile Juléat Fouda décident de lancer leur revue littéraire bilingue, c’est ce nom qu’ils choisissent. Leur revue, OZILA publie des œuvres de fiction mais aussi, entretient des débats littéraires et philosophiques avec leur lectorat fortement universitaire. On retrouve peu de notes sur la revue OZILA, aujourd’hui, alors qu’elle fut, au commencement, à l’Université de Yaoundé, une véritable tribune de l’intelligentsia camerounaise.

Année de naissance : 1970

Pays : Cameroun

Périodicité : Mensuel

Directeur : Basile Juléat Fouda, Jean Pierre Togolo

Année de parution du dernier numéro : /

 

Par Raoul Djimeli

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