Le 10 novembre 2018 on assistait à Abidjan à la publication du verdict devant dévoiler le lauréat 2018 du Prix Ivoire. À la tête du jury constitué pour la circonstance on retrouvait l’écrivaine camerounaise Werewere Liking, la plus ivoirienne des écrivains camerounais. Le dévolu a été jeté sur le romancier ivoirien Gauz pour son deuxième roman Camarade papa (2018 : Le nouvel Attila, France). Il s’agit d’un récit teinté de sensibilité et d’humour qui explore l’inépuisable thème de la colonisation.

La particularité de Camarade papa c’est sans doute la dualité de regards qui caractérise l’esprit du roman : l’Europe vu par le noir, d’une part et l’Afrique vue par le blanc, d’autre part. Camarade papa c’est un récit historique, l’histoire d’un père et d’un fils communistes ; un fils qui quitte sa France natale et entreprend le voyage vers l’Afrique pour se comprendre, pour savoir d’où il tient les cheveux roux. Ce voyage donne lieu à la rencontre des cultures en Côte d’Ivoire et la dynamique de construction des identités l’intègre dans le chemin qu’il se fraie à travers l’histoire.
Gauz, de son vrai nom Armand Patrick Gbaka-Brédé, s’est retrouvé en phase finale avec deux marocains (Nadia Essalmi pour La révolte des rêves et Azzedine El Mattine pour Silmane le jardinier des mots) et deux sénégalais (Nabil Haidar avec Les cèdres sauvages et Ndeye Fatou Kane avec Vous avez dit féministe ?).

Il est ainsi le troisième Ivoirien à recevoir cette distinction. Deux Camerounais se sont déjà succédé à cette tribune, notamment Elisabeth Ewombè-Moundo en 2010 et Hemley Boum en 2013. Le Sénegal également y est passé deux fois.
Le Prix Ivoire ou Prix Ivoire pour la littérature Africaine d’expression francophone est, en effet, une distinction initiée par l’association Akwaba Culture (basée à Abidjan) en 2008 et soutenue par le ministère ivoirien de la culture ainsi que la francophonie. La distinction est décernée à un écrivain africain dont l’œuvre porte une voix digne d’être appelée africaine et est écrite ou traduite en français.

Par Gils Da Douanla

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