Carmen Toudonou est l’initiatrice du projet Miss Littérature. Journaliste de formation, elle exerce à l’ORTB. Par ailleurs, elle est aussi écrivaine. Elle compte à son actif cinq œuvres dont un roman, Presqu’une vie, publié en 2014 chez Plume Soleil, un recueil de poèmes, Noire Venus, publié chez Flamboyants en 2015, un essai, Le vert, le rouge et le noir, publié en 2017 chez Vénus d’Ébène, un recueil de nouvelles, Carmen Fifonsi Aboki  (CFA), publié en 2018 chez Vénus d’Ébène et BoD et un livre pour enfants, Le  lionceau et le papillon, publié en 2018 chez Vénus d’Ébène.

PROPOS RECUEILLIS par Mouhamadou NGAPOUT

Mouhamadou Ngapout : Le projet Miss Littérature est né au Bénin. Il a d’abord fait le Niger, et il continue son chemin sur le Togo, la Côte d’Ivoire et d’autres pays d’Afrique. Parlez-nous de ce projet.

Carmen F. Todounou : Nous avons pris l’initiative d’organiser le concours Miss Littérature parce que nous croyons qu’il faut trouver des idées pour mieux intéresser les jeunes, et notamment les jeunes filles, à la lecture. Nous avons démarré depuis trois années, et nous en sommes cette année à la 3e édition du concours. Nous avons apporté quelques innovations depuis l’an dernier : le concours devient biennal et régional comme vous l’avez dit. Nous avons donc, pour cette 3ème édition 2018-2019, outre le Bénin, le Niger, le Togo et la Côte d’Ivoire comme pays participants. En mai, nous avons élu Miss Littérature Niger et sa dauphine. Nous venons de le faire pour le Bénin ; nous élirons Miss Littérature Côte d’Ivoire et sa dauphine en octobre prochain, puis les deux meilleures du Togo en novembre. Ces 8 lauréates seront mises en compétition en 2019 à Cotonou pour l’élection de Miss Littérature régionale et de ses 3 dauphines.

M.N: Quels sont les critères sur lesquels les jurées se fondent pour évaluer les candidates ?

C.T: Nous ne considérons aucun critère physique pour évaluer les candidates. Toutes les épreuves se déroulent dans le domaine de la littérature, et permettent d’évaluer l’aptitude des candidates à lire un livre et en faire le compte-rendu, leur con-naissance de la littérature et leur disposition à rédiger des textes littéraires.

M.N: À la première édition en 2016, le concours a vu le sacre de Charlène Odounlami (16 ans seulement). Un an plus tard, il s’ouvre exclusivement aux jeunes filles âgées entre 18 et 24 ans. Comment expliquez-vous cette restriction alors que le sacre de la jeune Charlène de 16 ans devrait être source d’émulation pour les plus petites ?

C.T: C’est une excellente remarque ! La première édition était en effet ouverte aux jeunes filles âgées de 16 à 22 ans. Vous savez, lorsque vous avez une idée, vous la couchez sur papier, puis vous passez à la phase pratique. Cette première édition a été une édition pionnière qui nous a permis d’adapter nos idées théoriques aux réalités empiriques. Nous avons ainsi noté que le fait de mettre en compétition des jeunes filles non encore majeures nous obligeait à requérir des autorisations parentales à chaque phase du concours. Ceci étant alourdissant pour le dispositif déjà pas très commode, nous avons dû revoir les critères d’âge pour la participation au concours

N.M: Madame Carmen F. Toudonou, comme Miss Bénin, le projet Miss Littérature s’adosse certainement sur de grands partenaires et sponsors …

C.T: Nous n’avons malheureusement pas de grands partenaires, en dehors de quelques personnalités qui croient en ce projet dès le début et nous accompagnent. Nous avons été agréablement surpris par l’accueil réservé par le public, les potentielles candidates et leurs parents ainsi que la presse, à ce concours. C’était comme si tout ce monde attendait cette initiative. Depuis, l’engouement du public ne fait qu’augmenter. De même, dans les pays auxquels le concours a été étendu, nous ne recevons que des encouragements et des exhortations à ne pas abandonner. Nous espérons que l’accompagnement des pouvoirs publics viendra compléter ce tableau presque idyllique qui nous contraint, fort heureusement, à persévérer dans l’organisation du concours, afin de transmettre notre passion quasi dévorante de la lecture et de l’écriture.

N.M: Vous ne craignez pas que les garçons se sentent marginalisés ?

C.T: Non justement. Nous organisons des ateliers d’écriture à l’intention des lauréates de Miss Littérature. Nous avons ainsi déjà publié un recueil de nouvelles signées des lauréates du concours et publié par le comité en 2017. Ce livre est publié à l’intention de tout le public, pas seulement des filles ou des femmes. Nous avons également tout un planning pour organiser des rencontres entre les lauréates et certaines autorités d’une part, et d’autre part, des séances de travail dans des écoles et instituts pour inciter les jeunes élèves et étudiants à la lecture.

N.M: Sur quel rêve repose Miss Littérature ?

C.T: Nous voulons former la relève littéraire féminine, déjà au Bénin, puis dans les pays où le concours est organisé. Nous rêvons d’avoir, un jour, à l’instar de Miss Monde où Miss Univers, un concours dénommé Miss Littérature Monde. Ça c’est le rêve. Concrètement, nous allons continuer à étendre l’initiative à d’autres pays. Pour la prochaine édition, la 4ème qui couvrira la biennale 2020-2021, nous avons déjà entamé les contacts pour avoir 8 à 10 pays dans la compétition. D’ailleurs, le Cameroun est bien parti pour accueillir le concours…!

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