Clarisse Nomaye est avocate aux barreaux du Tchad et auteure des romans L’Amitié sans frontières (2012) et Une Famille absolument (2016). Remplaçant l’écrivain et activiste  Sosthène Mberrnodji, elle a été élue en mi-juin dernier, Présidente de l’Association des Écrivains Tchadiens. Elle revient du Benin où elle a présidé ce samedi, le Concours Miss Littérature. Elle parle avec Yanick Fepekam de ses combats.


CM: Vous êtes avocate de formation, mais vous êtes aussi écrivaine. Est-ce le travail d’avocate qui a précédé celui d’écrivaine ou l’inverse ?

C.N: Je suis juriste de formation depuis des années. J’ai travaillé pendant près de 15 ans dans différentes organisations en tant que juriste. En 2012, j’ai publié mon premier roman. Mais ce n’est qu’en 2015 que je suis entrée dans la profession d’avocat. On peut dire que j’ai écrit mon premier roman en tant que juriste,  qui est en réalité le préalable pour être avocat.

Qu’est ce qui a motivé votre entrée en littérature ?

C.N:  J’ai toujours aimé écrire. Depuis l’école primaire… Cet amour pour l’écriture s’est manifesté, d’abord, par la publication de différents articles dans les magazines du Tchad et  s’est ensuite traduit par la publication des mes livres.

Vous êtes à ce jour présidente de l’Association des Écrivains Tchadiens. Parlez-nous un peu de l’association.

C.N: L’association des Écrivains Tchadien est une association dont le but est de promouvoir la culture tchadienne par le biais de l’écriture.

Qu’est-ce qui justifie le changement de nom de cette association car elle est passée de Association des Écrivains et Auteurs Tchadiens d’expression française à Association des Écrivains Tchadiens ?

On a changé le nom de l’association pour l’ouvrir à tous les écrivains qui vivent sur le territoire tchadiens et donc tous les écrivains vivant sur le territoire tchadien peuvent être membres de notre association.

En tant que présidente active, quelles sont vos missions et ambitions pour l’association ?

C.N:  Nous allons continuer les projets entamés par l’ancien bureau. Nous voulons aussi créer d’autres activités pour donner une visibilité à notre association et permettre aux écrivains d’y adhérer.

Au Festival Le Souffle de l’harmattan, N’Djamena, Décembre 2018. © Raoul Djimeli.

Que pensez-vous du paysage littéraire tchadien ?

C.N:  Les tchadiens écrivent de plus en plus. Nous avons besoin des maisons d’édition professionnelles pour mettre à la disposition du public des productions littéraires de qualité. Parfois, par manque de comité de lecture au sein des maisons, nous mettons à la consommation du public des livres truffés de fautes. Ce qui ne rehausse pas notre image d’écrivains.

Considérant les circonstances de la mort du jeune Baibe Guentar Beba qui a été assassiné, pensez-vous que votre travail d’avocate aura de l’influence sur la façon dont les écrivains sont traités au Tchad ?

C.N:  Je fais de mon mieux pour distinguer ma profession d’avocat et ma passion de l’écriture. Mais si je peux mettre à la disposition de notre association ma compétence d’avocat pour assister dans certaines situations juridiques et judiciaires qui se posent, je le ferai.

Que direz-vous au jeune tchadien ou à l’Africain qui, comme vous, veut se lancer dans l’écriture et donc se faire éditer ?

Lire, lire, lire avant de commencer à écrire. C’est important. Après l’inspiration et l’assistance en conseils et orientations des aînés, il/elle pourra réaliser son rêve.


Propos recueillis par Yanick Fepekam

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